Automatisation des fonctions finances

La fonction finance a fait l’objet de vagues successives de transformations : la suite Office dans les années 90, le déploiement d’ERP au début des années 2000, puis la réorganisation massive avec appel à l’externalisation ou à la mise en place de Centres de Services Partagées. Les applications informatiques se sont ainsi invitées progressivement dans les entreprises et contribuent aujourd’hui à améliorer, toujours plus, les processus de production et de création de valeur. Quelle est la perception des fonctions finances sur l’automatisation ?

Nous avons le plaisir de vous présenter les résultats de notre étude sur les tendances de marché de l’automatisation au sein des fonctions finances.

Un palier a sans doute été atteint pour la fonction Finance dans son architecture informatique, devenue complète et complexe. La tendance est à l’ajout d’applications auxiliaires. Dans le même temps, les jeunes générations de collaborateurs aspirent à créer, apprendre pour toujours compléter leurs expériences ; elles questionnent aussi beaucoup plus facilement leur engagement au travail. Les générations plus anciennes, quant à elles, vivent la transformation permanente de leur organisation. Bref, les deux générations ont la même ambition : s’affranchir des activités transactionnelles pour se concentrer sur l’essentiel.

Les applications RPA (Robotic Process Automation), ou application d’automatisation, s’inscrivent dans ce double mouvement d’accélération digitale et d’évolution du monde du travail. Elles créent le buzz depuis trois ans en proposant de transformer rapidement les tâches – simples, répétitives, et à faible valeur ajoutée – en programme informatique.

La prochaine étape de la mutation de la fonction finance passera-t-elle par l’automatisation généralisée des tâches dites « manuelles » ?

C’est le pari des éditeurs de la RPA. Depuis 2016, ils gagnent de plus en plus de parts de marché, et bénéficient de levées de fonds conséquentes pour accompagner leur développement.

Mais qu’en-est-il des entreprises clientes et consommatrices de ces solutions ? Quelle est leur perception du phénomène de robotisation ? Au-delà des effets d’annonce, qu’en disent les principaux intéressés ? Les robots ont-ils aujourd’hui massivement trouvé leur place au sein des directions financières ? Comment s’est diffusée cette offre de solution innovante ?

Trois éléments très distincts semblent émerger de cette étude.

  • D’abord, l’émotion singulière (suscitée par le mot robot ou l’assistant digital) est la clé de voûte de tous les projets de la RPA, sans doute parce que toucher du doigt le futur est tout aussi enthousiasmant qu’anxiogène. Et l’entreprise doit aider ses collaborateurs à surmonter leur appréhension, pour qu’ils voient les opportunités offertes.
  • Ensuite, les écueils rencontrés lors des projets RPA sont similaires à ceux de tout projet informatique. Rien de neuf, sans méthode ni d’appui des équipes informatiques et RH, il est toujours aussi complexe de simplifier.
  • Enfin, une très large majorité des utilisateurs de la RPA déclare être très satisfaite de son expérience mais également de l’implémentation des robots qui leur a permis de s’inscrire dans une démarche d’amélioration continue.

Une chose est certaine, rares sont les technologies à transporter avec elles un imaginaire aussi fort que la robotisation. Notre étude met en exergue l’importance capitale du rôle des femmes et des hommes qui font la finance d’entreprise. Comment peuvent-ils être des acteurs de leur propre transformation ?