Obligations RSE

Obligations RSE : comment profiter des changements induits par les réglementations pour faire avancer les choses ? La preuve par l’exemple.

Faire du reporting extra-financier un outil de pilotage de l’entreprise

Alors qu’approche la fin de votre exercice comptable, vos équipes sont en ordre de marche pour produire dans les temps l’ensemble des rapports financiers qui rythment la vie de votre entreprise. Obligations légales et réglementaires, elles doivent également mener le chantier de votre publication extra-financière.

Compte tenu des longues heures de travail qu’elles nécessitent, les équipes n’accueillent pas toujours avec enthousiasme le retour de ce marronnier : tableurs multiples, indicateurs complexes et parfois difficiles à appréhender pour les parties prenantes externes, confusion quant à la finalité du reporting… Est-ce pour autant une fatalité ?

Les quinze dernières années ont été marquées par un durcissement des réglementations en matière de communications extra-financières. L’une d’entre elles, sur le devoir de vigilance, cite la concertation avec les parties prenantes comme partie intégrante de l’élaboration du plan à mettre en œuvre.  Si les législateurs suivent cette voie (ce qui est probable), les entreprises devront bientôt faire un choix décisif : continuer de subir les réglementations et ses charges qu’elles induisent ou donner un nouveau souffle à leur démarche RSE en faisant évoluer leur approche Conformité.

Qu’il s’agisse de motiver vos équipes ou de dynamiser votre stratégie, tous les enjeux convergent et mènent au questionnement suivant : comment positionner les enjeux RSE dans la performance de l’entreprise ? Largement inspirée des métiers du management du changement, certaines méthodes innovantes permettent de passer d’un processus subi à un exercice désiré. Mais surtout, elles sont capables de faire du reporting extra-financier à la fois un véritable outil de pilotage et un levier de performance de votre entreprise, appuyé par un engagement de vos parties prenantes puissant car enthousiasmant.

La preuve par l’exemple (ou comment les obligations réglementaires peuvent être une formidable opportunité de se réinventer)

Retour en 2015. Zoom sur le Val-de-Marne et plus spécifiquement sur la deuxième plateforme multimodale d’Ile-de-France et pôle économique majeur de son territoire, le Port de Bonneuil-sur-Marne. Ce port était pourtant considéré comme un lieu fermé, voire un voisin gênant… Dans ce contexte HAROPA Ports de Paris – et notamment son Agence Seine Amont, en charge du site de Bonneuil – ouvre le dialogue.

A l’issue d’une étude des perceptions menée auprès d’une trentaine d’acteurs du territoire, les visions internes et externes sur le port révèlent la nécessité d’ouvrir le site sur son environnement. Dans le même temps, les équipes du port doivent répondre à leurs obligations réglementaires et produire un document de planification appelé « Schéma d’Aménagement et de Développement Durable » (SADD).

Forte des conclusions partagées lors de l’étude des perceptions, HAROPA – Ports de Paris décide de co-construire son SADD : des ateliers et des visites de concertation sont organisés avec ses parties prenantes externes, un travail collaboratif avec des experts se met en place et une communauté se crée progressivement et s’anime autour du projet. Trois ans plus tard, le document de planification est approuvé par le Conseil d’Administration et c’est tout naturellement que le dialogue se poursuit entre les acteurs de l’écosystème local pour mener le développement concerté entre le port et son territoire.

Autre résultat et pas des moindres : la création de cinq observatoires thématiques ayant pour but de suivre collégialement les indicateurs de pilotage du SADD. En leur sein, des associations environnementales, des collectivités partenaires et entreprises du port s’engagent pour remonter et partager l’information, mais aussi pour faire vivre le SADD au travers de leurs actions propres.

Co-construire : un outil de pilotage efficace pour tous

Transposé en matière de reporting extra-financier, le cas du Port de Bonneuil-sur-Marne présente trois enseignements.

  1. Les obligations réglementaires constituent le creuset de nouvelles méthodes de travail collectives et enthousiasmantes. Puisque les parties prenantes externes sont impliquées en tant que destinataires finales des publications, il pourrait être pertinent de les engager en amont dans la définition et le suivi des indicateurs clef. De par sa récurrence, cet exercice se prête en outre particulièrement bien à la création d’une communauté qu’il suffit d’avoir à cœur d’animer pour affiner voire construire de nouveaux indicateurs permettant :
  •   de répondre aux attentes exprimées
  • de trouver le juste équilibre entre les objectifs de l’entreprise et les différentes attentes
  • d’enrichir la démarche de valorisation dans les publications.
  1. Replacer l’humain au cœur de la démarche RSE lui redonne spontanément tout le sens qu’elle mérite. Derrière les chiffres, c’est désormais toute une communauté qui s’engage sur la voie de la responsabilité sociale et environnementale. Au travers de la publication extra-financière, ce sont les actions concrètes des équipes qui sont valorisées ainsi que l’impact positif de l’entreprise sur son écosystème et son territoire.

    3. Le reporting, qui semble être l’objectif principal de prime abord, devient la finalité de la démarche. L’objectif de cette dernière ? Mesurer et rendre compte de la performance de l’entreprise ainsi que de la création et le partage de valeurs, en interne, dans les territoires et pour les parties prenantes.

Pour réussir ce changement interne, la plupart des organisations et entreprises ont créé un Comité des parties prenantes, dont la réussite dépend de 4 facteurs clés :

  •  Constituer un groupe véritablement représentatif de la diversité des enjeux de l’organisation.
  • Trouver le juste équilibre entre indépendance et interaction avec les organes de gouvernance de l’entreprise.
  • Co-construire les règles de fonctionnement du Comité : rythme des rencontres, ordre du jour des réunions, modes de communication
  • Accepter une animation tierce et neutre, seule façon de garantir les conditions d’équilibre d’expression et donc de crédibilité du discours – qui feront toute la force du comité.

Identification des parties prenantes, création et animation d’un comité, définition des indicateurs de pilotage pour mesurer les impacts concrets de la démarche, consolidation des données extra-financières en vue de leur publication… Les organisations peuvent se faire accompagner pour offrir un nouveau souffle à leur démarche RSE, et ainsi, gagner en efficacité et en crédibilité grâce à l’implication des parties prenantes.