transformation filière finance

Des révolutions sont en marche au sein des entreprises, et notamment dans la filière finance. Elles se retrouvent à longueur de colonnes dans la presse généraliste et spécialisée : Intelligence artificielle, robot, machine learning bien sûr, mais aussi des notions comme  » travailler autrement  » ou  » l’entreprise libérée « . Il y a encore quelques années, il semblait qu’une révolution technologique comme celle que représentaient les ERP dans les années 1990 n’allait pas se reproduire de sitôt. Eh bien c’était faux ! Des applications, des solutions techniques vont tout simplement nous conduire à revisiter une nouvelle fois les processus, les outils, les rôles des équipes. Ces progrès technologiques s’accompagnent aussi d’une transformation dans les méthodes de management et dans la relation au travail

Plus qu’une transformation… Des révolutions à l’œuvre

Tout bouge en même temps : de nouvelles capacités techniques, de nouvelles solutions, de nouvelles manières de travailler, de nouvelles règles… Une synthèse des grandes solutions techniques, managériales et organisationnelles que porte la transformation digitale serait une photographie en mouvement constant. Derrière chaque brique, il existe des solutions techniques, des expérimentations en cours, des projets, des nouvelles organisations en place.

Source : Mazars

Si on brosse ce tableau, les solutions couvrent les besoins de digitalisation des flux documentaires entrants et sortants (transformation des flux papiers en flux numériques), de robotisation (automatisation des tâches manuelles), d’outil de reporting intelligent. Les assistants  » Chatbots  » peuvent aussi être envisagés dans une relation avec les clients et les fournisseurs dans le cas de Centres de Recouvrement client, de Centres de Services Partagés client. Ces solutions portent aussi le concept nouveau de services à la demande. Ces nouveaux modèles sont de plus en plus portés dans les organisations, dans les contrats de service entre les clients et les fournisseurs internes. La filière Finance doit aussi réfléchir à ces nouveaux service pour entamer sa transformation.

Les robots arrivent… et avec eux plus d’intelligence humaine

Tout progrès peut être perçu comme une menace ou comme une opportunité, question de tempérament. Nous pensons que l’automatisation d’outils de production remet l’intelligence humaine au centre du jeu. Que permettent les robots ? Les tâches de rapprochement, encore très présents dans les processus comptables (rapprochement entre fichiers, entre données, entre processus) sont désormais potentiellement toutes prises en charge par des robots.

Cela permet aux collaborateurs de passer plus de temps sur des tâches d’analyse fine, sur des travaux de mise en qualité, d’apporter de la créativité dans les indicateurs, d’aller à la rencontre des commerciaux, des managers, des chefs de projet, des équipes en usine. Grâce à cette transformation des fonctions finances réalisée grâce à des automates, les collaborateurs pourront se consacrer à l’analyse du chiffre plutôt qu’à sa production.

Des métiers disparaissent quand d’autres se créent avec des expertises plus fortes

On voit se profiler des métiers nouveaux dans les services comptables, par exemple celui de responsable de la qualité des flux et de l’intégrité des données, qui doit comprendre les flux entre automates et garantir leur fiabilité… Le temps qui sera dégagé par la réduction drastique des tâches de contrôle et de reporting fera apparaître de vrais Business Partners, des Business Analysts, des Business Intelligence Managers. Ces profils feront évoluer nos contrôleurs de gestion actuels. Si l’intitulé du poste restera le même, le contenu du poste sera profondément amélioré… grâce aux robots.

En dessinant ces deux métiers, on voit que les compétences autour de la compréhension du flux digital, des concepts de data analytics seront clés dans les équipes comptables et de contrôle de gestion. Il semble qu’une convergence se met en place entre les compétences des équipes de la DSI et celle des équipes de la filière finance.

Les métiers  » d’expertise comptable, d’expertise en gestion  » vont retrouver leur lettre de noblesse en se concentrant sur la complexité des normes et des règles, le sujet de leur interprétation conduisant à garder en interne des experts sur des sujets financiers pointus. Bien sûr l’audit interne, le contrôle interne resteront à leur place du fait des nouvelles règles, des nouveaux risques (cybersécurité, fraude) ou de nouvelles réglementations (comme GDPR).

Que mettre dans votre agenda tout de suite ?

Vous devez vous saisir de ces sujets, de ces solutions, soit via un travail de veille, de mise en place d’expérimentations ou de projets. Il faut prendre le temps de comprendre ces marchés, rencontrer des clients, rencontrer des pairs,  » tester « , digérer…

Pour réussir, il vous faut travailler main dans la main avec la DSI, qui apportera son expertise technique, elle vous aidera à faire les bons choix de solutions (qui peuvent être plus ou moins intrusive dans vos ERP existants). Elle aura potentiellement la charge d’intégrer cela dans ses centres de compétences. Il vous appartient également de dessiner le futur de vos collaborateurs avec les équipes RH. Ce futur est inconnu, il faut donc travailler sur les discours, recruter des profils un peu différents, prendre un peu de risques, aller chercher dans vos équipes les profils les plus digitaux, les plus experts… et faire évoluer les autres.

Enfin il vous reste à faire la part des choses, trouver la vérité entre le discours de communication et de marketing que nous trouvons sur les Robots, sur l’Intelligence Artificielle. Ensuite il faut démystifier, expliquer, tester, trouver la valeur, faire évoluer les équipes, donner du sens. Puis dessiner les nouveaux rôles, les nouveaux métiers, les nouvelles organisations de votre filière finance, après les CSP dans les pays à bas coût, n’est-il pas temps de réfléchir autrement et de parler de CSP virtuels ?

Auteur : Caroline Couesnon – Associé Mazars